Les microbes de l'Antarctique : une richesse génétique insoupçonnée
Les microbes de l'Antarctique viennent d'être cartographiés de manière révolutionnaire. Selon une étude récente, plus d'un tiers des gènes découverts dans l'océan Austral sont totalement inconnus de la science. Bien que ces minuscules organismes soient invisibles à l'œil nu, ils influencent directement le cycle du carbone et le climat de notre planète.
Un monde vivant caché sous les glaces
Sous les eaux glacées qui entourent le continent antarctique se cache un écosystème d'une complexité insoupçonnée. Les microbes antarctiques, présents en milliards dans chaque litre d'eau, jouent un rôle fondamental dans des processus essentiels à l'équilibre environnemental mondial. Une équipe internationale de chercheurs a récemment réalisé la cartographie génétique la plus complète jamais effectuée sur ces organismes.
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Des découvertes étonnantes grâce à l'Expédition de Circumnavigation Antarctique
Les résultats de cette étude sont impressionnants. Les microbes ont été analysés à partir de 218 échantillons d'eau collectés lors de l'Expédition de Circumnavigation Antarctique, une mission scientifique de trois mois menée entre 2016 et 2017. Après séquençage de l'ADN, les chercheurs ont confronté leurs résultats avec les bases de données de gènes marins existantes. Le bilan est frappant : 38 % des gènes identifiés sont totalement absents de toutes les bases de données marines connues. Plus d'un gène sur trois n'existe nulle part ailleurs dans la littérature scientifique.
Des communautés microbiennes distinctes
Ces gènes inconnus ne forment pas une masse homogène. Au contraire, ils s'organisent en communautés distinctes, structurées selon les masses d'eau et les courants océaniques. Chaque strate d'eau abrite ses propres microbes, adaptés à des conditions spécifiques de température, de salinité et de pression. L'océan Austral fonctionne ainsi comme un archipel biologique invisible, où chaque zone possède sa propre signature génétique.
Rôle essentiel des microbes dans la photosynthèse et le cycle du carbone
Ces organismes ne sont pas de simples spectateurs de l'environnement polaire. Par exemple, le phytoplancton, composé de microalgues en suspension dans l'eau, assure à lui seul la moitié de la photosynthèse de la planète. D'autres bactéries jouent un rôle clé dans le traitement du carbone capturé. Une partie de ce carbone est recyclée en surface, tandis qu'une autre est transportée vers les profondeurs.
Des gènes influençant la formation des nuages
Une analyse relayée par Earth.com souligne que plusieurs des gènes nouvellement identifiés aident les microbes à décomposer des composés riches en soufre, libérant ainsi des gaz qui influencent la formation des nuages. La bactérie Pelagibacter, présente dans presque tous les océans du monde, est un parfait exemple de cette diversité fonctionnelle. Dans les eaux chaudes, certains de ses variants possèdent des gènes spécialisés dans l'absorption de métaux comme le nickel et le zinc. En revanche, dans les eaux froides antarctiques, d'autres variants activent des gènes liés à la résistance au stress oxydatif.
Impact du changement climatique sur les communautés microbiennes
Ces découvertes prennent une dimension particulière dans le contexte du changement climatique. L'océan Austral absorbe une part considérable du dioxyde de carbone et de la chaleur générés par les activités humaines. Cependant, la circulation des masses d'eau qui structure ces communautés microbiennes est affectée par le réchauffement climatique. Une réorganisation de ces courants pourrait redistribuer l'activité microbienne de la région sans déplacer une seule côte.
Vers une meilleure compréhension des cycles biogéochimiques
Les chercheurs insistent sur le fait que ces gènes inconnus représentent autant de fonctions biologiques encore à caractériser. Comprendre leur rôle exact dans les cycles du carbone et du soufre permettrait d'affiner les modèles climatiques actuels. Pour cela, un suivi continu et une surveillance génétique tout au long de l'année sont essentiels.
Une région clé pour le futur du climat terrestre
Longtemps considérée comme une périphérie scientifique, l'océan Austral s'impose aujourd'hui comme une région cruciale pour comprendre l'avenir du climat terrestre.
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